Le document sur la réforme des retraites rendu public par le gouvernement se veut un texte d'orientation qui fait suite aux premières consultations engagées depuis le 12 avril avec les organisations syndicales et patronales.
Ce texte est général et parfois imprécis. Pourtant, sa lecture nous permet de cerner exactement l’approche du gouvernement, et d’apprécier sa perception des nombreuses propositions et pistes que la CFDT a formulées.
Le gouvernement nie les effets de la crise sur les comptes des régimes de retraite. Cette « erreur » de diagnostic n’est pas anodine, car elle prépare l’opinion à des mesures qui feront porter l’essentiel des efforts sur les salariés et les futurs retraités, du privé comme du public.
Bien sûr, sa proposition de mettre à contribution d’une façon exceptionnelle les hauts revenus, voire les entreprises, constitue une brèche dans ce bouclier fiscal que la CFDT ne cesse de condamner. Il reste à espérer que cette contribution ait un véritable impact sur les déficits annoncés ; pour l’instant nous n’en connaissons pas la portée.
Le document gouvernemental fait de nombreuses références aux exigences que la CFDT a formulées afin de pointer et combattre les inégalités de nos systèmes de retraites [pénibilité, emploi des seniors, carrières longues, polypensionnés, parcours accidentés…], mais il se borne à les constater sans préconisation précise ni opérationnelle. Il n’évoque presque pas l’enjeu lié aux carrières féminines qui pourtant constitue l’une des principales injustices.
De fait, à la lecture d’un document qui exclut toute augmentation des cotisations et n’évoque une remise à plat du système des retraites que pour mieux l’écarter, on comprend vite que l’objectif du gouvernement est surtout de repousser le départ en retraite en privilégiant le report de son âge légal. Tout le monde sait que cette solution est la pire car la plus injuste, puisqu’elle ferait porter l’effort tout particulièrement sur les salariés qui ont commencé à travailler jeunes et sur ceux qui sont hors de l’emploi bien avant 60 ans. L’allongement de la dure de cotisation – dont la pertinence et les conditions seront débattues lors de notre congrès de Tours début juin – n’est pas exclu, mais jugé inefficace et trop lent à produire ses effets.
Pour la CFDT, le lien entre les effets persistants de la crise, ses conséquences sur l’emploi et les conditions de travail et la question des retraites est évident. Nos propositions tant en matière de retraites que de résolution de la crise sont ambitieuses et nécessitent d’amplifier la mobilisation des salariés – en particulier par les initiatives unitaires du 27 mai – que nous voulons dynamiques et massives. Tout doit être fait pour assurer leur réussite !
Jean Louis Malys – Secrétaire national
Info mise en ligne le 22 mai 2010
Dossier retraites : soyons clairs ! 
Les 8 clés du débat
Les lieux de rassemblements
|