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Le
Droit
Individuel à la Formation [DIF]
Ce
que dit la loi :
Tout salarié en CDI et à temps plein bénéficie
chaque année d’un droit individuel de formation (DIF) d’une
durée de 20 heures -sauf accord de branche ou d’entreprise
prévoyant des durées supérieures- et pour les salariés
à temps partiel, cette durée est calculée au prorata
temporis.
Les
droits acquis au titre du DIF peuvent être cumulés sur une
durée de six ans, et le contingent d’heures de formation
disponible à ce titre est, dans ce cas, plafonné à
120 heures. Un salarié à mi-temps peut cumuler ses droits
sur 12 ans pour atteindre le plafond, par exemple. Pour un salarié
ASF à plein temps le droit à DIF s’élèvera
à 54 heures au 1er janvier 2007. C’est un calcul qui tient
compte de la date de sortie de la loi : début mai 2004 (14 h pour
2004 + 20 h pour 2005 + 20 h pour 2006).
Nota
: le projet d’accord ASF intégrait une majoration
de 25 % des droits en heures pour tous les temps partiels et un droit
arrondi à 20 h pour 2004. Certains accords existants en France
dépassent ces 20 h, la plupart de ceux-ci donnant 21 h. Cependant,
ils cumulent rarement ce plus avec une majoration pour les temps partiels,
sont souvent effectués hors temps de travail ou nécessitent
l’accord de l’employeur pour être pris sur le temps
de travail. D’autre part le fort pourcentage de 25 % est d’un
niveau relativement rare dans les accords existants.
Le
bénéfice du DIF est ouvert à tout salarié
qui justifie d’au moins un an d’ancienneté dans son
entreprise.
Sa mise en œuvre relève de l’initiative
du salarié, et le choix de l’action de formation
suivie est arrêté en accord avec l’employeur. Lire
cette page pour connaître le processus de demande.
Pour
quelles actions de formations ?
La loi de mai 2004 reprend exactement les dispositions de l’accord
national interprofessionnel de décembre 2003, signé par
toutes les confédérations
syndicales représentatives au niveau nationak (CFDT
- CFTC - CGC - CGT - FO) :
Les actions de formation permettant l’exercice du DIF peuvent être
choisies parmi les actions de formation prioritaire définies par
une convention de branche ou d’entreprise (axées sur les
métiers et en lien avec les besoins des professions). En l’absence
d’un tel accord, les actions de formation peuvent être les
suivantes :
- Actions
de promotion.
Elles ont pour objet de permettre à des travailleurs d'acquérir
une qualification plus élevée ;
- Acquisition/entretien/perfectionnement
des connaissances. Elles ont
pour objet d'offrir aux travailleurs les moyens d'accéder à
la culture, de maintenir ou de parfaire leur qualification et leur
niveau culturel ainsi que d'assumer des responsabilités accrues
dans la vie associative ;
- Acquisition
d’un diplôme ou d’un titre à finalité
professionnelle, ou de qualification professionnelle.
Nota
: Le projet d’accord ASF ne limitait pas les possibilités
de formation à des priorités de branche ou d’entreprise
mais listait les trois types d’actions ci-dessus.
Le
DIF ne correspond donc pas à la définition de la formation
de « type C » que l’on connaissait à ASF jusqu’à
présent : « Formations pour soi, demandées
par le salarié et ne concernant pas sa vie professionnelle. »
En effet, l’accord national, à son article 2-10, prévoit
trois type d’actions au niveau du plan de formation, celles de :
-
type 1 :
qui correspondent à des actions d’adaptation au poste de
travail ;
- type
2 :
qui correspondent à des actions de formation liées à
l’évolution des emplois ou au maintien dans l’emploi
des salariés,
- type
3 :
qui participent au développement des compétences des salariés.
Pour
ces dernières cet accord précise : «Lorsque les actions
de formation ont pour objet le développement des compétences
des salariés, elles doivent participer à l'évolution
de leur qualification et donner lieu à une reconnaissance par l’entreprise.
»
Et
hors ces trois types de formation, il n’y a que le DIF de prévu
par les nouveaux textes.
- DIF
sur le temps de travail ou sur temps de repos ?
Les textes prévoient que le DIF est réalisé hors
temps de travail mais si un accord de branche ou d’entreprise
le prévoit, le DIF peut se dérouler en tout ou partie
pendant le temps de travail (Art. 933-3 du code du Travail). Dans
beaucoup d’accords existants il se déroule hors temps
de travail. Une partie de ces textes prévoient tout de même
que des DIF sont effectués pendant le travail à la condition
qu’ils soient en lien étroit avec le domaine professionnel.
Quand le DIF est effectué hors temps de travail il est versé
une indemnité représentant 50 % du salaire net aux salariés
concernés.
- DIF
sur catalogue.
Pratique largement répandue dans les entreprises couverte par
un accord sur la formation, les formations DIF sur catalogues permettent
aux salariés de choisir une formation sans avoir à procéder
eux-mêmes aux recherches et démarches. D’autre
part, ces catalogues permettent, en formant des groupes de stagiaires,
de baisser les prix demandés par les prestataires et ainsi
de faire bénéficier d’une formation plus de salariés
pour un même budget. Ces dernières années, la
majeure partie des formations de type C à ASF ont été
choisies sur catalogue.
Nota
: Le projet d’accord ASF prévoyait que ces catalogues
auraient été élaborés en collaboration avec
les commissions Emploi-Formation des comités d’entreprise
de chaque établissement, comme pour les ex-types C. Il s’agissait
donc là d’une certaine garantie d’adéquation
de l’offre DIF avec les besoins majoritaires des salariés.
- DIF
hors catalogue.
En l’absence d’accord la direction a décidé
de ne pas publier de catalogue DIF dans le plan de formation 2007.
Chaque salarié désireux d’effectuer une telle
formation devra donc effectuer recherches et démarches lui-même.
Lire cette page pour connaître
le processus de demande.
- Anticipation
des droits à DIF.
Un accord peut prévoir l’anticipation des droits à
DIF. Cette anticipation permet de bénéficier des 120
h, normalement acquises au bout de 6 ans, dès la première
année d’utilisation des droits, afin de suivre une formation
plus conséquente. Cette anticipation, autorisée à
tous les salariés ou à certaines catégories jugées
prioritaires, permet également d’éviter un phénomène
redoutable au niveau du DIF : l’afflux de demandes au bout de
6 ans, quand les salariés auraient atteint ensemble le plafond
des 120 h. Or, il est évident que la totalité des demandes
ne pourraient être acceptées sur une seule année.
Résultat : beaucoup de salariés resteraient bloqués
à ce plafond pendant plusieurs années, tant qu’ils
n’auraient pas utilisés leur droit accumulé et,
pendant ce temps, ne pourraient plus recommencer à acquérir
de nouveaux droits.
Nota
: Cette anticipation était prévue dans le projet
d’accord ASF pour les salariés de plus de 45 ans, les handicapés
et ceux qui totalisaient 80 h de droit acquis. En l’absence d’accord,
cette anticipation ne peut se mettre en place : le phénomène
de blocage évoqué ci-dessus risque donc de se produire.
- Les
frais relatifs au DIF (formation, accompagnement,
transport, repas…). Ils sont à la charge de l’entreprise.
- Premières
statistiques sur le DIF. Pour
l’année 2005, seulement 3 % des salariés ont fait
une demande de DIF en France (source : http://www.droit-individuel-formation.fr/seulement-3-salaries-secteur-prive-ont-fait.html
). Comment expliquer ce chiffre dérisoire ? La première
explication qui vient à l’esprit est celle du manque
d’information des salariés. Une deuxième est avancée
: ceux-ci attendent de cumuler plus de droit afin de suivre une formation
plus conséquente. Mais sachant que la plupart des accords prévoient
un DIF hors temps de travail, on ne comptabilise que 37 % de DIF effectués
dans ces conditions en 2005. Une hypothèse vient donc naturellement
à l’esprit pour expliquer cette proportion : les salariés
ne sont pas particulièrement partants, majoritairement, pour
suivre une formation hors temps de travail.
Nota
: L’absence d’accord
sur ASF met, malheureusement, les salariés dans l’obligation
de suivre leur DIF hors temps de travail. Très compliqué
pour les postés et les salariés à la journée
d’effectuer une formation dans ces conditions, à moins de
poser des heures de récupération, des ARTT, des APA, etc.
Et il n’est pas du tout évident que l’indemnité
de 50 % du salaire net puisse réellement représenter la
clé du problème.
Il
est donc fortement probable que beaucoup de salariés ne pourront
pas bénéficier de ce droit et consommer ces heures. Le budget
formation ASF ne peut s’en trouver qu’allégé.
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Info
mise en ligne le 18 septembre 2006.
Modifiée le 23 septembre 2006.
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