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Nouvelles Classifications
Le grand cafouillage

L’ensemble des organisations syndicales a signé le 30 juin 2006, avec le syndicat patronal des sociétés du secteur autoroutier, une convention collective de branche comportant le calendrier de mise en place d’une nouvelle classification des emplois. Il s’agissait d’instaurer dans toutes les entreprises concernées, et au plus tard le 1er janvier 2008, une même grille de classification moderne et adaptée, telle qu’il en existe dans une grande majorité des entreprises en France. Cet accord précisait les principes et la méthode de classification des emplois relatifs à ce nouveau système, voulue par les partenaires sociaux comme équitable, pertinent et évolutif, ainsi que les conditions de recours des salariés en cas de désaccord. Les partenaires sociaux ont donc choisi une méthode de classification éprouvée, dite « méthode Hay ». Le nouveau système de classification regroupe, dans une grille, 16 classes alphabétiques réparties en 3 catégories : Exécution : classes A à C ; Maîtrise : classes D à H ; Cadre : classes I à P.

La méthode Hay

Cette méthode est utilisée dans la majeure partie des grandes entreprises, en France et dans le monde. Elle permet une méthode d’évaluation des emplois basée sur la description du poste, indépendamment de celui qui l’occupe.
La description de poste est donc bien l'opération la plus importante de la démarche. C’est à partir de ce document que chaque pesée a été faite et que chaque poste a été classé avec la rémunération associée. Tous les éléments de description du poste doivent être identifiés et pour se faire des échanges avec la hiérarchie devaient être organisés. Ces éléments, chaque salarié doit bien s’assurer qu’ils figurent dans la description de son poste.
Sont décrits: les missions principales, la dimension (effectif en responsabilité, chiffre d’affaire, budget), l’organisation, l’environnement, le contexte, les responsabilités principales, les relations internes et externes et les profil et compétences requises.
Chacun des postes décrit est analysé ensuite par des membres de la DRH formés par la société Hay, qui procèdent à une pesée de chaque poste par attribution de points aux différents critères d’évaluation de celui-ci. Une fois l’ensemble des postes analysés, ils sont positionnés dans la grille des 16 classes, appelée cartographie des métiers.

Les RAG, qu'est-ce que c'est ?

Chacune des 16 classes possède une rémunération annuelle garantie (RAG). Il s'agit de la rémunération brute sur l'année civile en dehors, notamment, des heures supplémentaires et complémentaires, des majorations conventionnelles, de l'astreinte, de la participation et l'intéressement, etc. Par contre l'indemnité de congés payés est bien comptabilisée.
Aucune rémunération annuelle d'un salarié ne peut donc être inférieure à la RAG de la classe à laquelle son emploi est rattaché.
Quand un salarié est embauché, il ne peut pas être rémunéré en dessous de ce plancher.
Quand un salarié accède à un métier situé dans une classe supérieure, sa rémunération de base bénéficie d'une « augmentation individuelle » [AI].
Les AI négociées sur ASF :

  • classe B : 4 %
  • classe C : 4.5 %
  • classe D : 6 %
  • classe E : 8 %
  • classe F : 12.5 %
  • classe G : 15 %.

A partir de la classe H il n'y a plus d'AI fixe et automatique mais une AI fixée au cas par cas. Pour toutes les classes, si le salaire de départ, augmenté de cette AI, n'atteint pas la RAG de la classe d'arrivée, il est complété d'autant. Voir accord d'entreprise n°81.
Les lettres envoyées aux salariés font référence aux RAG de branche. Des RAG spécifiques aux ASF, supérieures à ces dernières, seront négociées courant 2008. C'était une demande de la CFDT.

Une mise en place problématique

Ces nouvelles classifications sont effectives aux ASF depuis le 1er janvier 2008. Nous aurions bien aimé, à l'occasion de tels changements, que les actes soient à la hauteur des « beaux discours». Hélas, force est de reconnaître que nous sommes bien loin de ce schéma idyllique.

Problème de méthode ou de rythme ?

A quelques exceptions près, le problème reste globalement le même, à savoir une mise en place qui s'est faite quasiment sans communication. Les salariés ont appris par un simple courrier quelle serait désormais leur classe de rattachement, ainsi que le libellé de leur emploi. Au moment où la direction nous parle de « choyer les collaborateurs », de valoriser le management et de « donner envie », il va falloir revoir la copie...
La CFDT regrette cette situation, qui nuit au climat social et démontre une improvisation bouillonne, source d'incompréhensions et d'inquiétudes. Plus grave encore dans l'esprit des salariés certains postes ont changé de dénomination, sans aucune explication !
Ainsi, à titre d'exemple, des magasiniers principaux ont découvert à la lecture de leur bulletin de salaire de janvier qu'ils étaient désormais « magasiniers approvisionneurs ». Quel impact sur le contenu de ce poste ? Mystère.
La mise en place d'un nouveau système n'est pas chose facile, on peut le comprendre. Mais quand on veut aller vite, si vite, prôner le « changement de culture» et mettre « l'homme au centre des projets *», il est impératif de s'en donner les moyens, concrètement, sur le terrain et notamment à ses responsables pour organiser une communication digne de ce nom, à même de répondre aux interrogations des salariés. Résultat : il ne faudra pas s'étonner si des recours surviennent !
La nouvelle rédaction des bulletins de salaire de janvier, liés à la mise en œuvre de ce nouveau système de classification, a également souffert d'une insuffisance d'explications.
A cette insuffisance se sont ajoutées celles concernant les autres « nouveautés » de la feuille de paie : intégration des paniers, mesures liées à l'accord péage, fin de l'indice etc. Peu de salariés ont donc pu comprendre ces changements et surtout vérifier l'exactitude des sommes portées sur leur bulletin. Il n'en fallait pas plus pour alimenter toutes sortes d'amalgames. La CFDT tient à la disposition des salariés des préparations Excel qui permettent de vérifier rapidement ces sommes.

Vérifier les descriptions

La cartographie des métiers ne suffit pas. En effet, si ce document permet de situer et de comparer le positionnement des différents métiers dans les 16 classes, il manque pour autant un aspect primordial : la description de poste. Tout salarié doit en être destinataire afin de pouvoir vérifier que rien n'a été oublié qui puisse altérer le classement de son métier.
La CFDT a demandé de communiquer aux organisations syndicales la totalité de ces descriptions. Le temps pressant, les membres de l’observatoire des métiers sont également intervenus pour que celles-ci soient directement remises aux salariés, ainsi que la cartographie des métiers. Ce devrait être chose faite au moment où vous lisez ce document. Sont concernés les salariés dont les métiers ne font pas partie de « familles » importantes telles que les techniciens péage, les ouvriers autoroutiers, etc. Le classement de ces métiers sont en effet facilement vérifiables, et déjà vérifiés, par les organisations syndicales.

Quels recours possibles ?

Il a donc été obtenu que la date de remise des cartographies et des descriptions de poste fasse repartir le délai de recours de 30 jours. A l'aide de ces deux documents, chacun pourra vérifier si ce classement correspond bien à leur métier. En cas de doute, n'hésitez pas à contacter les élus CFDT.

  • Soit le recours se fait auprès de la direction, en adressant un courrier au service RH. Dans ce cas, il est préférable d'en faire une copie à un représentant du personnel.
  • Soit en contactant le représentant du personnel de votre choix.

Tous les cas seront examinés par la commission qui se réunira le 19 mars 2008. Cette dernière aura à se prononcer sur la totalité de ces recours.

*cf propos tenus par Pierre Anjolras

Pour en savoir +

 

Info mise en ligne le 2 mars 2009

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