Paris, le 17 août 2005
Messieurs
les Présidents de groupe parlementaire,
Le
dossier de la privatisation des autoroutes fait couler beaucoup
d’encre depuis que le Premier ministre a annoncé
l’intention de l’Etat de céder ses participations
dans le capital des 3 grands groupes autoroutiers français
APRR, ASF et SANEF.
La
Fédération Générale des transports
et de l’Equipement CFDT s’est exprimée
sur ce dossier, notamment pour exprimer son inquiétude
quant aux conséquences éventuelles sur les emplois,
sur la sécurité, sur la qualité du service
public et sur le développement durable, ainsi que sur
la pérennité du financement de l’AFIT.
La
Fédération des transports CFDT et le syndicat
national des Autoroutes rappellent qu’ils se sont toujours
prononcés, et agi contre une privatisation totale du
secteur autoroutier.
Pour
autant, si nous vous écrivons aujourd’hui, c’est
pour essayer d’aller plus loin dans le débat
qui agite aujourd’hui la classe politique dans notre
pays. Un certain nombre de positions ont été
prises par les uns et les autres, souvent en faveur du système
actuel, qui a d’ailleurs apporté toute satisfaction
au développement du territoire et permet également
de répondre en partie aux futurs financements des infrastructures
de transport.
L’avenir
du secteur autoroutier ne saurait être exclusivement
débattu au travers de déclarations de presse.
Ainsi, comme vous le savez, l’année 2007 sera
une année clé dans la période qui s’ouvre,
avec de grandes échéances électorales.
S’il devait y avoir à ce moment là alternance
du pouvoir, la CFDT souhaite connaître votre position.
Dans cette hypothèse, et si le processus actuel va
à son terme, serait-il envisageable de voir l’Etat
devenir à nouveau majoritaire dans le capital des sociétés
d’autoroutes, et revenir ainsi sur les privatisations ?
Dans
l’attente, pour la CFDT, il doit y avoir un vrai débat
au parlement, qui doit se traduire par un vote formel. En
effet, les politiques ne peuvent se contenter de se prononcer
en faveur ou contre le processus de privatisation. S’ils
s’y opposent, ils doivent pouvoir être en mesure
de s’engager à revenir sur ce processus.
C’est
tout le sens de notre intervention aujourd’hui, et nous
espérons que vous pourrez y apporter une réponse.
Veuillez
agréer, Messieurs, l’expression de notre profonde
considération.