
Nous
avons choisi quelques événements significatifs afin que
vous puissiez situer notre confédération dans l'histoire
du syndicalisme français.
1884
Le syndicalisme autorisé en France
La loi de 1884 autorise les syndicats ou associations professionnelles
à se constituer librement. Des syndicats vont se créer.
Certains d’entre eux vont donner naissance, en 1895, à la CGT.
1919
Création d'une confédération de travailleurs chrétiens
En réaction au syndicalisme anticlérical de la CGT, vont
se constituer des syndicats chrétiens. Ils se regroupent, en
1919, en Confédération française des travailleurs
chrétiens (CFTC).
1922
Première scission de la CGT
Après la création du Parti Communiste français
en 1920, les communistes se retrouvent minoritaires à la CGT.
Ils créent la CGTU en 1922.
1919
à 1939
Les premières années de la CFTC
Rattachée à la doctrine sociale de l'Eglise catholique,
la première CFTC se constitue essentiellement autour d’organisations
professionnelles d’employés auxquelles vont bientôt se
joindre des jeunes ouvriers et des enseignants.
1936
Réunification de la CGT et le Front Populaire
CGT et CGTU se réunifient en 1936, dans l'élan qui conduira
le Front populaire au gouvernement.
1940
De l'interdiction à la résistance
Le syndicalisme confédéré est interdit par le régime
de Vichy : CFTC et CGT sont dissoutes. De nombreux syndicalistes chrétiens
vont entrer dans les réseaux de résistance. La CFTC subit
des transformations au cours de cette guerre. En 1944, est créée
la Confédération générale des cadres (CGC).
1948
Nouvelle scission à la CGT
La
guerre froide entre l'Est et l'Ouest et le plan Marshall de 1947 rejaillissent
dans la CGT dirigée par les communistes. La minorité Force
Ouvrière crée la CGT-FO en 1948. La FSM puis la CISL (Confédération
internationale des syndicats libres) sont créées.
1964
La CFTC devient CFDT
A l’issue de « l'évolution » vers un syndicalisme
laïc, la CFTC se transforme en CFDT. Une minorité
refuse la laïcisation et maintient le sigle CFTC. La CFDT passe
un accord d'unité d'action avec la CGT en 1966 puis à
nouveau en 1970.
1970
L'autogestion comme alternative
Le
congrès de 1970 met en place de nouveaux statuts et propose une
alternative à la société capitaliste : l'autogestion
des entreprises. Edmond Maire est élu secrétaire général
en 1971. Il le restera jusqu'en 1988. La CFDT adhère en 1974
à la Confédération européenne des syndicats
(CES) créée en 1973 et à la Confédération
internationales des syndicats libres (CISL) en 1988.
1981
La CFDT face à la gauche au pouvoir
À
l’arrivée au pouvoir de la gauche, la CFDT veut faire aboutir
rapidement ses revendications prioritaires : réduction de la
durée du travail, lutte contre les inégalités de
salaires et de pouvoir d'achat, droits nouveaux accordés aux
salariés, élaboration d’un plan.
1988
Pour un syndicalisme d'adhérents
Le
congrès CFDT de 1988 met l’accent sur le syndicalisme d'adhérents
et sur l’adaptation du syndicalisme face aux mutations économiques
et sociales
1998
Clarifier la conception du syndicalisme CFDT
Il est difficile d’avoir un regard distancié sur les évènements
qui ont traversé depuis lors la CFDT : 1992, Nicole Notat devient
secrétaire générale ; 1995, évènements
de novembre-décembre ; enfin Congrès de Lille en 1998.
Ce congrès est essentiel puisqu’il a permis de clarifier la conception
du syndicalisme CFDT : un syndicalisme confédéré
qui fait le choix de l'adaptation, de la négociation, de la lutte
contre l'exclusion et pour l'emploi, d'une mondialisation ordonnée
et solidaire.
2002
45e congrès de la CFDT
Réunis à Nantes du 27 au 31 mai, plus de 1 600 délégués
font vivre le 45e congrès de la CFDT. Avec 78,51 % des mandats,
le rapport d’activité est adopté par la plus large majorité
de toute l’histoire de la CFDT. Plein emploi, travail de qualité,
protection sociale, fonctions publiques et développement syndical
sont les cinq thèmes des résolutions approuvées
par les congressistes. Avec des pourcentages oscillant entre 70 % et
90 %. C’est aussi le dernier congrès de Nicole Notat, remplacée
à la tête de l’organisation par François Chérèque,
ancien secrétaire général de la fédération
Santé-sociaux.
Toute organisation humaine fait référence
à des valeurs pour guider son action. Une organisation syndicale
veut aussi transmettre et faire partager ses valeurs à ses
adhérents. Ce à quoi tient la CFDT est contenu tout
entier dans le préambule et l’article 1 de ses statuts confédéraux.
En résumé, quelles sont les valeurs de la CFDT ?
Un
syndicalisme confédéré.
C'est la réunion d’organisations syndicales ouvertes à
tous les travailleurs résolus (…) à défendre
leurs intérêts communs. Autrement dit soucieux de l’intérêt
tant général qu’individuel. Ce syndicalisme refuse les
corporatismes et regroupe l’ensemble des salariés qu’ils soient
ouvriers, employés, cadres.
Un
syndicalisme démocratique.
La CFDT attache une importance primordiale à la démocratie
: démocratie qui s’exprime dans le fonctionnement interne de
la confédération en assurant une large participation
de ses adhérents aux décisions ; besoin vital de démocratie
dans la société qui doit assurer l’indépendance
du pouvoir judiciaire, l’objectivité de l’information, la possibilité
d’accéder à tous les niveaux de l’enseignement ; attachement
également à la démocratie dans l’entreprise qui
doit donner aux salariés la possibilité de s’exprimer
et de participer à l’élaboration des revendications
; nécessité enfin de démocratie dans le domaine
politique, ce qui explique l’opposition de la CFDT à tout régime
autoritaire ou totalitaire.
Un
syndicalisme de transformation sociale.
Il est fondé sur les exigences fondamentales de la personne
humaine et de sa place dans la société. Il s’agit d’un
syndicalisme acteur pour qui les changements sociaux ne sont pas à
attendre des seuls politiques mais qui prend en compte les réalités
pour les transformer. Il est donc constamment à la recherche
de cohérence entre les revendications, les propositions de
solutions et les objectifs de transformation que l’on s’est fixés.
Ceci suppose aussi une nouvelle approche des relations professionnelles
privilégiant la confrontation par la voie contractuelle et
la négociation. La grève est considérée
comme l’un des moyens du rapport de force pour faire avancer la négociation.
Un
syndicalisme d'émancipation.
Il promeut l’émancipation individuelle et collective, il lutte
pour les droits essentiels de l’homme, de la famille et des groupes.
Ce respect de la dignité et de la liberté des individus
s’impose dans l’entreprise comme dans la société. Sur
le lieu de travail, l’action syndicale ne se limite pas à la
seule défense des salaires mais englobe aussi la lutte pour
de meilleures conditions de travail, des conventions collectives,
la réduction du temps de travail, le droit à l’expression
pour les salariés, leur promotion par une meilleure formation.
Dans la société, tout individu doit pouvoir arriver
à des postes de responsabilité, développer sa
personnalité en assurant la satisfaction de ses besoins matériels
et intellectuels par l’accès à la culture. Ce besoin
d’émancipation concerne aussi les femmes que la CFDT a soutenues
dans leur lutte pour le droit à la contraception et à
l’avortement et soutient encore dans leurs revendications actuelles
pour une plus grande égalité avec les hommes et pour
la mixité.
Un
syndicalisme de liberté.
La CFDT est attachée à la liberté de conscience,
d’opinion et d’expression, …au respect des convictions personnelles,
philosophiques, morales ou religieuses, au droit de constituer des
associations.
Un
syndicalisme favorable au paritarisme.
Ce système clé des relations sociales est la confrontation
constructive entre gouvernement, patronat et organisations syndicales.
Il aboutit à une participation active de ces partenaires à
l’élaboration et au contrôle des décisions politiques
et au contrôle du pouvoir économique.
Un
syndicalisme pour la solidarité.
Ce syndicalisme est soucieux d’une plus grande solidarité envers
les catégories sociales, les régions et peuples les
plus défavorisés et exclut les inégalités.
Solidarité nationale lorsque la CFDT plaide pour une politique
d’embauches en contrepartie de la réduction du temps de travail,
pour l’insertion des jeunes, pour la couverture maladie universelle.
Refus des inégalités lorsqu’elle lutte contre l’exclusion
sous toutes ses formes ou la marginalisation, lorsqu’elle lutte pour
l’égalité des chances à l’école, pour
l’égalité entre hommes et femmes ou lorsqu’elle combat
les discriminations raciales. Solidarité internationale lorsque
la CFDT apporte son soutien au syndicat Solidarnosc lors des évènements
en Pologne ou au peuple chilien pendant la dictature de Pinochet.
Un
syndicalisme d’adhérents.
C'est un syndicalisme solidement implanté sur les lieux de
travail. Il convient donc de donner aux salariés l’envie d’adhérer
et de motiver les militants pour solliciter de nouvelles adhésions.
Cette politique a porté ses fruits puisque le nombre d’adhérents
augmente régulièrement depuis quelques années.
Un
syndicalisme autonome.
La CFDT estime nécessaire de distinguer ses responsabilités
de celles des groupements politiques et son indépendance à
l’égard de l’Etat, des partis, des églises. Cette volonté
d’autonomie à l’égard du politique s’est déjà
manifestée après la deuxième guerre mondiale
lorsque certains dirigeants, anciens résistants, ont été
tentés par un engagement politique et que la confédération
s’est prononcée pour le non-cumul des mandats syndicaux et
politiques, décision plusieurs fois débattue par la
suite mais toujours confirmée. Cette autonomie se manifeste
encore aujourd’hui par la volonté d’indépendance face
aux partis et aux pouvoirs publics et par la recherche de moyens pour
impulser ou infléchir les décisions gouvernementales.
Quant à l’autonomie vis-à-vis du religieux, l’évolution
s’est effectuée progressivement et a abouti, lors du Congrès
de 1964, à la déconfessionnalisation, concrétisée
par la transformation de CFTC (Confédération française
des travailleurs chrétiens) en CFDT (Confédération
française démocratique du travail).
Un
syndicalisme développant l'esprit critique.
Il est soucieux de la formation de ses adhérents, conçue
non comme une formation individuelle mais avec l’idée de promotion
collective. Cette formation permet, en effet, à la fois d’accroître
les compétences des militants mais aussi de développer
leur capacité d’analyse, donc l'autonomie d'analyse nécessaire
à leur esprit critique.
Un
syndicalisme ouvert sur l’international.
Il prend ses responsabilités dans l’organisation mondiale indispensable
au développement des libertés, à la solidarité
entre les peuples et au maintien de la paix. La CFDT applique cette
valeur lorsqu’elle agit pour la paix entre les peuples, lorsqu’elle
s’oppose à une mondialisation forcenée qui ne prend
pas en compte les nations les moins développées. Mais
cette ouverture sur l’international, confirmée par l’adhésion
à la Confédération Internationale des Syndicats
Libres (CISL), se manifeste d’abord sur le plan européen, où
la CFDT apporte son expérience dans le cadre de la Confédération
européenne des syndicats (CES).

